Chapitre 2 :
Eh Tom,
Je crois que les évènements que nous avons traversé tous les deux n'ont fait que nous rapprocher. Tu te souviens de ce jour, où nous étions tous les deux assis sur mon lit, les doigts noués, nous nous étions fait une promesse, une seule et unique, rester toujours ensembles et toujours tout faire pour l'autre...
Sur l'écran de télévision, on voyait deux gamins ensembles, pas plus haut que trois pommes qui rigolaient en s'aspergeant avec un jet d'eau. La personne qui tenait la caméra riait aussi alors que les deux gamins se bataillaient pour attraper le jet d'eau, afin d'arroser l'autre.
J'essuyais brusquement mes larmes, me trouvant idiot de pleurer ainsi. Incapable d'arrêter, je mis la bande sur pause et plongeais ma tête dans mes mains.
-Je suis pas encore mort Bill, te met pas dans cet état-là.
Je relevais les yeux, un peu paniqué que Tom me regarde pleurer. Il s'était appuyé contre la porte qu'il avait fermée derrière lui. La lumière de la télévision l'éclairait à peine, traçant le contour de son visage et de ses cheveux blonds.
-Je ne veux pas que tu meures.
-Moi aussi, qu'est ce que tu crois ? fit Tom avec un rire amer. Mais la mort est égoïste.
-Je ne veux pas que tu meures, répétais-je en me mettant à sangloter. Je veux qu'on reste ensemble, qu'on emménage ensemble. C'est ce qu'on avait décidé de faire, il y a deux ans... Je veux que tout redevienne comme avant...
Mon frère tourna le visage vers moi, les lèvres pincées et les larmes coulant silencieusement sur ses joues. Il me regarda fondre en larmes devant lui, essuyant mes yeux et mon nez vainement.
-Mais tout n'est plus comme avant Bill, regarde-moi, je ne suis qu'un pantin drogué. Je ne peux plus rien faire. Regarde-moi, j'arrive à peine à marcher sans me mettre à tanguer. J'ai plus de vertiges par les médicaments que sans.
-Mais alors, pourquoi tu les prends ?
-Parce que, si je les prends pas, j'aurais de vrais vertiges où je risque de tomber par terre, de me cogner et de me faire extrêmement mal...
J'essuyais mes larmes silencieuses, tentative veine pour arrêter de pleurer. Mon frère se s'avança, me regarda et passa délicatement ses doigts dans mes cheveux noirs.
-J'avais les cheveux plus longs que toi avant la chimio.
-C'est vrai ?
-Oui, j'avais des dreads. Immense.
Je lui souris alors qu'un sourire semblable en tous points illuminait son visage. Il me fit un petit signe comme quoi il revenait et partit en courant dans le couloir. Je l'entendis trébucher, exploser bruyamment de rire avant de descendre les escaliers avec la grâce d'un éléphant. Je soupirais, exaspéré et amusé. Il devait être vingt-trois heures, les parents dormaient.
Tom revint toujours sautillant avec un ordinateur portable qu'il alluma et posa sur ses genoux, ses jambes le long de mon lit, le dos posé contre le mur. Je m'appuyais à ces côtés.
-Je vais te montrer ce qu'on est devenu...
Je le regardais en souriant, alors qu'il cherchait ses dossiers photos. Finalement, apparue une photo de lui à côté d'un mec androgyne blond platine. Enfin androgyne, moins que moi... Tom avait des dreads si longue qu'on n'en voyait pas le bout sur la photo.
-C'est Andréas.
-Non, m'étonnais-je. C'est Andréas ? Purée, qu'est ce qu'il a changé.
Il me montra tous ses amis, ses anniversaires passés loin de moi, me racontant sa vie avant la maladie. Les fêtes, les filles... Mon frère était, en fait, un gros c½ur d'artichaut comme il aimait s'appeler. Il me racontait sa phrase préférée pour avoir une fille dans son lit alors qu'elle était réticente « Il y a tant de filles belles et merveilleuses sur terre pourquoi s'en contenter d'une ? ».
Je le regardais, rigolais de ses propres bêtises et de ses souvenirs, je regardais ses yeux s'illuminer d'un éclat nouveau. Puis il me posa des questions sur moi aux USA alors je pris ma clé USB et la connecta à son ordinateur pour lui montrer mon album photo. Il rigola quand je lui comptais diverses aventures comme les hivers glacials, beaucoup plus qu'en Allemagne et nos 1 mètre de neige.
Finalement, un silence s'installa et Tom soupira.
-Je vais aller me coucher.
-Tom tu... tu peux dormir avec moi s'il te plaît ?
Il me regarda et sourit. Il acquiesça, enleva son baggis et son t-shirt et se fourra sous la couette me regardant me donner un dernier petit coup de brosse avant d'aller me coucher. Je me calais contre lui, lui nouant ses longs bras autour de mon torse. Il s'endormit comme une masse.
Je le regardais un long moment, heureux et triste à la fois, rempli d'émotions contradictoires et posa mon nez contre sa peau, avide de son odeur. Je fermais les yeux, réfléchissant à toute vitesse... Mon frère allait passer les deux derniers mois sa vie, allongé dans un canapé. Ce n'était pas ce qu'il voulait, je le savais.
Dans la semaine, Tom dût repasser un scanner pour voir l'évolution de sa tumeur. Elle avait considérablement augmenté. Un peu trop vite, d'après ce que je compris. Les médicaments pour ralentir le processus du cancer ne marchaient plus. Tom n'était pas au courant : mes parents refusaient de le lui dire et ça me dégoûtait. On avait passé la plupart du temps, collés l'un à l'autre, assis sur le canapé ou à faire des jeux qui ne demandaient pas trop d'effort lorsqu'il était totalement drogué. Je haïssais ces moments-là. Il parlait très doucement, son teint était pâle et il se mettait à pleurer pour un oui ou pour un non.
-Ça fait bizarre, murmura-t-il, allongé dans son lit.
-De quoi ?
-Que mes parents me mentent sur l'évolution de ma tumeur.
Je me figeais et tournais la tête vers lui. Il rit amèrement. Il finit par attraper le bout de ses cheveux d'un air énervé et se mit sur le dos, fixant le plafond en baillant.
-J'en ai marre de ces cheveux courts. C'est moche.
-Tom...
-Je suis pas bête Bill, je sais très bien que ma tumeur grandit trop vite et c'est pas un scanner qui va me l'apprendre, dit Tom en laissant des larmes couler lentement le long de ses tempes et se perdre dans ses cheveux. Je le sens. Je La sens. Bill... Je suis en train de mourir... Je ne crois même pas finir le mois. Je n'en peux plus.
-Tom...
-J'arrive à peine à me lever sans être épuisé. C'est pour cela que je ne me lève presque plus. Juste le temps d'aller à la salle de bain m'épuise. Je n'arrive presque pas à tenir debout. Je la sens appuyer sur les nerfs de mon corps et me faire perdre pied. La terre tourne dès que je suis debout, même des fois, allongé, je la sens tourner. J'ai arrêté de prendre des médicaments Bill, je t'ai mentis, je suis désolé. Je ne veux pas mourir drogué. J'ai arrêté aujourd'hui mais je vais continuer.
Je me relevai et m'allongeai à ses cotés, sans le toucher, juste le regarder. Ses larmes coulaient toujours, humidifiant ses cils. Il s'essuya le nez puis les yeux et se tourna vers moi, plongeant ses yeux dans les miens.
-Je veux sortir Bill...
-Attends j'ai une idée.
Je l'embrassais chastement sur les lèvres, me relevais et partit à toute vitesse dans la cave. Nous avions un fauteuil roulant que nous avions gardé après que notre beau-père eut un accident de voiture et se fut les deux jambes. Il était plein de poussière. Je pris un chiffon, le nettoyai rapidement et le remontai. Puis, je montai en haut, pris mon frère dans mes bras et le descendit à son grand étonnement. Je sentais la chaleur de son corps contre le mien, et cela me rassurai. C'était l'un des rares signes qui montrait sa vie, la chaleur qu'il dégageait. Je le posai sur le fauteuil, et le sortit dehors.
-Han le soleil, dit Tom en fermant les yeux profitant des rayons.
Jamais sa peau ne m'eus parue si pâle que sous les rayons du soleil. Elle était d'un blanc pur, montrant qu'il ne sortait dehors que pour passer ces foutus scanners, ses cernes bleus étaient largement visibles ainsi que son visage creusé par la maladie.
-Bill, je t'ai caché quelque chose, dit-t-il les yeux toujours fermés.
-Quoi ?
-Personne n'est au courant que je suis malade. Pas même mes amis. J'ai tout simplement coupé les ponts avec eux quand j'ai su que j'étais malade. Je leurs ai dit les pires insultes, de façon à ce qu'ils me haïssent.
-Mais pourquoi ?
-Je ne voulais pas... Je ne voulais pas qu'ils me voient dans cet état, murmura Tom.
Je soupirais et passais ma main dans les courts cheveux blonds de Tom. Le soleil brillait fort ce jour-là, mais pour moi il semblait éteint.
Eh Tom...
La vie nous joue de drôle de tour des fois n'est ce pas ? Tu ne voulais pas que tes amis te voient tel un faible, cloué par une maladie, mais tu n'es pas rendu compte d'une chose Tom... C'est que tu n'es qu'un humain. Et un humain, c'est faible. ____________
Sur le chapitre 1, vous trouverez deux liens...
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Vos impressions sur ce chapitre ?
Clémence ==> Oh mon dieu Clémence. Merci pour ce commentaire, déjà. Vous faire voire autrement la vie ? Je ne sais pas, j'espère. Je suis comme Bill "Leb' die sekunde". Je n'aime pas les gens qui ne profitent pas de la vie. J'ai tellement de fois cru que la mienne allait s'arrêter, que j'ai cette "capacité" d'en profitez. Pour tout, que se soit pour dormir, pour manger, tout, tout, tout.. Je pars en raconte de vie la. Merci pour ton commentaire, oui encore, mais je ne mérite pas de tel mot. Ils sont bien trop beau pour une petite ermione =)